
Fondée à la fin du 1er siècle avant JC, à une vingtaine de kilomètres de Bibracte, ancienne capitale des Eduens, Autun est créée par la seule volonté de l'empereur Auguste. Elle devient "sœur et émule de Rome". Point de départ de 15 voies romaines, elle compte six kilomètres de remparts, quatre portes monumentales, deux théâtres, dont l'un est le plus vaste du monde romain.
De cette époque prestigieuse subsistent des vestiges nombreux et remarquables : les remparts qui forment une ceinture de plus de cinq kilomètres, la Porte St André et la Porte d'Arroux restées quasiment intactes ; le théâtre Romain, qui témoigne encore de la grandeur d'Augustodunum ; le Temple de Janus, un monument des plus énigmatiques ; l'étonnante Pierre de Couhard, qui domine une antique nécropole.
Vous retrouverez les traces des 3 siècles de splendeur d'Augustodunum, capitale des Eduens, florissante cité gallo-romaine fondée en 15 avant Jésus-Christ par l'empereur Auguste : remparts, portes romaines, théâtre antique - le plus vaste de Gaule et le 3ème de l'empire romain - temple de Janus, et Pierre de Couhard... qui dresse, immobile, son énigme aux lisières de la ville.
LES DIFFERENTS MONUMENTS
Les Remparts
La muraille antique d'Autun - l'une des mieux conservées de la Gaule Romaine - a été conçue sous l'empereur Auguste, fondateur de la cité. Son rôle est autant défensif qu'honorifique : l'importance du rempart souligne la puissance de la ville. L'enceinte, percée de quatre portes dans l'axe des deux voies principales (Cardo et Decumanus Maximus) décrivait un parcours de 6 km, et était munie d'un dispositif de cinquante quatre tours circulaires. Les murailles ont été réutilisées au Moyen Age.
Porte Saint-André 
La porte Saint-André constituait dès le 1er siècle, le débouché oriental de la plus grande voie ouest-est de la cité : le Decumanus Maximus; elle était autrefois, tout comme les trois autres principales portes de la ville, entourée de deux tours semi-circulaires, dont l'une est encore aujourd'hui conservée, et abrite la chapelle Saint-André ; on pourra admirer dans celle-ci les restes de fresques gothiques représentant les travaux des mois.
Porte d'Arroux 
La porte d'Arroux se situe à l'extrémité septentrionale de la principale voie nord-sud de la ville : le Cardo Maximus ; elle se présentait comme les trois autres portes de la ville, flanquée de deux tours semi-circulaires, et composée de quatre baies (deux pour les chars, où sont visibles les rainures de la herse, et deux pour les piétons) ; une galerie au 1er étage, fait office de chemin de ronde.
Les portes d'Autun auxquelles les Romains ont souhaité donner une certaine monumentalité et une grande élégance, ne doivent pas être confondues avec des arcs de triomphe, car ceux-ci ne sont jamais inclus dans les remparts.
Théâtre Antique 
Le théâtre d'Autun, construit sur le flanc d'une colline au 1er siècle après J.-C., était "le plus grand" de la Gaule Romaine, et pouvait accueillir 20 000 spectateurs ; il se composait d'une scène, aujourd'hui en grande partie disparue, mais qui conserve encore son dispositif de rideau, d'un espace en demi-cercle (l'orchestra), et d'un hémicycle avec gradins surmonté d'une galerie (la cavea), dont il ne subsiste que les infrastructures. Utilisé comme carrière de pierre dès le Moyen Âge, cet édifice a été restauré au début du siècle, date à laquelle une partie des gradins ont été restitués.
Dans l'Antiquité, un amphithéâtre, à présent détruit, était bâti au nord du théâtre : ainsi, la limite Est de la ville était-elle réservée aux jeux publics.
On remarquera non loin d'ici, la maison dite des Caves Joyaux, construite au siècle dernier, en remployant dans ses murs des sculptures antiques et médiévales.
Temple de Janus
Le temple de Janus, datable du 1er siècle de notre ère, est un sanctuaire typiquement gallo-romain, dont la forme s'inspire des constructions gauloises en bois, antérieures à la conquête romaine ; les spécialistes désignent ce genre de bâtiment sous le nom de fanum. Celui-ci est composé d'une cella (salle de culte), sorte de tour de plan carré, d'environ 24m de haut, sur 16m de côté, largement conservée aujourd'hui, et autrefois couverte ; celle-ci était entourée au rez-de-chaussée d'une galerie : l'emplacement des poutres destinées à supporter le toit de celle-ci est visible sous les fenêtres du 1er étage.
Ce temple, qu'une ancienne tradition lie à tort au culte du dieu Janus, se situe à l'extérieur de la cité, dans un faubourg à caractère rural, qu'on ne saurait comparer à la ville "officielle", comprise dans le périmètre des remparts. Un théâtre a été reconnu récemment non loin d'ici.
Pierre de Couhard
Datant sans doute du 1er siècle après J.-C., cette construction, dont il ne subsiste que le blocage intérieur, autrefois recouvert d'un parement régulier, était jadis de la forme pyramidale ; sa hauteur totale atteignait environ 33m. Elle se situait au sein de l'une des grandes nécropoles de la cité : en effet, les cimetières et toutes les villes romaines s'étendaient obligatoirement en dehors des murailles. La Pierre de COUHARD dont l'interprétation a souvent donné lieu à de multiples controverses, était donc un monument funéraire : tombeau, recouvrant les restes d'un défunt, ou cénotaphe, célébrant la mémoire d'un mort.